Yusuf AKSOY n'a finalement pas été expulsé. Ila été reconduit à Nice mercredi 7 décembre 2005 dans l'après-midi. Il semble qu'il doive être assigné à résidence par la préfet du Var.
Ce retour au statu quo ante est l'aboutissement provisoire de dix jours de persécutions dont on a peine à croire qu'elles puissent se produire aujourd'hui, en France.
Victime de violence dans son village, (12 membres de sa famille ont été tués, son père et son frère emprisonnés, sa maison a été incendiée), Yusuf AKSOY (Kurde de Turquie) vit en France depuis 9 ans .Débouté du droit d'asile, il a fait une grève de la faim de 43 jours à la suite de laquelle M. Sarkozy s'est engagé publiquement à « faire un geste » en faveur de la famille. Rien n'est jamais venu. Arrêté pour avoir travaillé au noir, il a été condamné à six mois de prison fermes (et six mois avec sursis). A sa sortie de prison, il est immédiatement embarqué pour la Turquie, scotché de la tête aux pieds et remis à la police turque où il est condamné à 9 ans de prison et incarcéré sept mois. Provisoirement libéré, il revient en France où sa femme et ses cinq enfants (dont deux nés en France) étaient restés (Voir communiqué RESF du 2 décembre 2005 ci-dessous).
Le 27 novembre 2005, il est à nouveau placé en rétention à Nice sur APRF de la préfecture du Var. Il entame immédiatement une nouvelle grève de la faim et, le 30 novembre, une grève de la soif. Il doit être entendu à l'OFPRA le 5 décembre. Il n'accepte d'être transféré à Paris que contre l'engagement formel d'être ensuite rapatrié à Nice. Or, après son audition, il est placé au centre de rétention de Palaiseau, contrairement aux assurances qui lui avaient été données. On le réveille à 5 heures du matin, pour, lui dit-on, le renvoyer à Nice. Il s'aperçoit qu'il est, en réalité, dirigé vers un avion en partance pour Istambul à 10h.
C'est parfaitement illégal : la reconduite à la frontière ne peut intervenir avant que l'OFPRA ait statué. Les autorités n'en ont cure : son passage est enregistré, les cartes d'embarquement de son escorte policière et la sienne sont établies.
Prévenus vers 8h30, ses amis et le Réseau Education sans frontières se mobilisent. Coups de fil de protestation à la préfecture, au Cabinet du Ministre de l'Intérieur. Alertée, la presse demande des éclaircissements au Secrétaire général de la préfecture du Var, au Cabinet du Ministre, à la Direction générale de la police. Tout un tapage qui témoigne que l'affaire ne restera pas sans suite. Miraculeusement, au moment même où il est monté dans l'avion, les policiers lui font faire demi-tour et le libèrent des entraves et des bandes adhésives avec lesquelles ils l'avaient « préparé ». La préfecture du Var assure au Canard Enchaîné qui l'a jointe qu'elle « songe désormais à le relâcher... Ouf ! » [Le Canard Enchaîné 7 décembre 2005].
Cela n'empêche pourtant pas qu'il soit à nouveau réveillé le 7 décembre vers 3 heures dy matin, « préparé » une nouvelle fois et conduit à Roissy pour, lui dit-on, être emmené à Istambul. Puis, après une longue attente... à nouveau ramené à Palaiseau (« On a raté l'avion » dit l'escorte) où on lui assure qu'il sera expulsé dans la journée.
Toute la matinée les coups de téléphone se succèdent au Ministère et à la Préfecture du Var tandis que les journalistes viennent aux nouvelles. Finalement, à 14 heures, Yusuf Aksoy est mené à Orly d'où il décolle pour Nice. Il est libéré à 16 h.
Cet enchaînement invraisemblable des persécutions est inadmissible. Les enfants de M. Aksoy sont scolarisés. Les certificats de scolarité ont été faxés à la préfecture et au ministère dès les premiers jours de sa rétention. La circulaire du 31 octobre s'appliquait de plein droit. De quel droit la préfecture du Var se dispenserait-elle de son application ? Pourquoi a-t-il fallu quatre jours et des dizaines de démarches pour que le Ministère de l'Intérieur impose son application dans le Var ? Pourquoi Yusuf Aksoy a-t-il été conduit jusqu'à l'avion le 6 décembre au sortir d'une audience à l'OFPRA qui, dans ce cas, empêche l'expulsion jusqu'au rendu de la décision ? Pourquoi a-t-il une nouvelle fois mené à Roissy le 7 au matin si la décision de le libéré avait été prise comme le soutiennent les autorités ? S'agit-il d'une « punition » gratuite et inhumaine ?
Il faudra bien que les autorités s'expliquent sur ces faits. Nous ne sommes pas (pas encore ?) dans un Etat où les services peuvent s'affranchir de toutes les règles, placer en rétention qui elles veulent, comme elles veulent, mimer des expulsion ou y procéder à leur bon gré.
Le Réseau Education sans frontières demande instamment des réponses à ces questions. Il attend d'autre part que sa femme et lui-même reçoivent de l'OFPRA ou de la Préfecture, l'autorisation de séjourner et de travailler dans ce pays afin que leurs enfants puissent poursuivre normalement leur scolarité.
* **Organisations membres du réseau « **Education sans frontières** » *( au 3 novembre 2005) :
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*1. **Mouvement associatif (local et national) :*
ADN (Association pour la démocratie - Nice), AITEC (Association Internationale des Techniciens, Experts et Chercheurs, Groupe contre la criminalisation des familles), AMF (Association des Marocains en France), Amhiti (réfugiés haïtiens), A.S.A.V. (Association pour l'Accueil des Voyageurs - 92), Association « En-Temps » (service des mineurs étrangers isolés), Association Française Janusz Korczak (AFJK), Association Intercapa Solidarité Etudiants Etrangers, Association Sar-Phirdem, ATTAC-France, CEDETIM, CIMADE (Service oecuménique d'entraide), Cinquième zone, Collectif Cetace (Créteil), Comité de défense des droits des sans-papiers (59), Comité de soutien aux tsiganes du 93 Collectif des sans papiers de Seine Saint-Denis (93), Collectif des sans-papiers des Hauts de Seine (92), Collectif des sans-papiers kabyles de France (CSPK), 3ème Collectif des sans-papiers de Paris, Coordination nationale des sans-papiers, CVSF, DEI (Section française de Défense des Enfants international), DAL (Droit Au Logement), Ecole Emancipée, Emancipation, FASTI, Faut qu'on s'active ! (Boulogne sur mer), FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves de l'Ecole Publique), Femmes de la Terre, Fondation Copernic, GISTI, Journal « A Contre Courant » politique et syndical (Mulhouse), ICEM Pédagogie Freinet, Identité - RROMS, Ligue de l'Enseignement, Ligue des Droits de l'Homme, MRAP, Observatoire des Libertés Publiques, RAJFIRE (Réseau pour l'autonomie des femmes immigrées et réfugiées), Ras le Front, RCTS (Réseau de travailleurs sociaux pour l'insertion des jeunes étrangers), Réseau Chrétiens Immigrés (RCI), SOS Racisme, SUB TERRA a.s.b.l.,
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2. Mouvement syndical
CNT, FERC-CGT, FIDL, FSU, Union Syndicale « Solidaires », MGM (Syndicat de la Médecine Générale) PAS 38 (Pour une Alternative syndicale - Isère), SGEN-CFDT, SUD-Culture, SUD-Education, SUD-PTT, SUD Santé-Sociaux, SEDVP-FSU (Syndicat des Etablissements Départementaux de la Ville de Paris), Syndicat de la Magistrature, UDAS (Union des Alternatives Syndicales), UNL, UNSEN-CGT.
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*3. **Collectifs RESF d'établissements, de villes ou de régions :*
CISéé (Lycée Suger Saint-Denis - 93), CISéé (Lycée Utrillo, Stains - 93), Collectif de défense des sans papiers de Villejuif (94), Collectif de l'EURE de soutien aux mineurs et jeunes majeurs scolarisés sans papiers (27), Collectif des Hauts de Seine - Sud (92), Collectif de Soutien aux Enfants de Sans-Papiers scolarisés (Orléans - 45), Comité de soutien des enfants tchétchènes de l'école Baudelaire - Paris 12°, Collectif Enfants Etrangers Citoyens Solidaires (Nantes - 44), Collectif "jeunes sans papiers" (Réseau Education Sans Frontière de l'Hérault - 34), Collectif lycée J. Vaucanson (les Mureaux 78), Collectif lycée J. Feyder (Epinay - 93), Collectif Resf Angers (49), Collectif Resf Seine Saint-Denis (93), Collectif Unitaire de Défense des Elèves, Etudiants et Enseignants Etrangers (Académie de Créteil), Club UNESCO Terre Bleue (Charenton - 94), Groupe Education Sans Frontières Voltaire (Collège-Lycée Voltaire - Paris 11°), Jean Macé Sans Frontières (Lycée Jean Macé, Vitry - 94), Lycée Jean Jaurès (Châtenay-Malabry - 92), LP Florian (Sceaux - 92), LP Gustave Eiffel (Massy - 91), Réseau Education Sans Frontières Ille et Vilaine (35), Réseau Education Sans Frontières Lyon (69/42), Réseau Education Sans Frontières Moselle (57), Réseau Education Sans Frontières Nord - Pas de Calais, Réseau Education Sans Frontières Rouen (76), Solidarité Migrants Oise (60).