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Retour sur un week end tres politique ...

Ce week end, a été pour moi un week end très politique, à l’image des week ends qui se profilent cette année. Samedi, je me suis rendu à la fête de l’huma, à la Courneuve.

                                          

C’était ma première participation à ce grand moment organisé par nos camarades communistes. Ma première surprise a été de découvrir la diversité et l’ampleur des stands étrangers. Un tour du monde progressiste. Il y avait bien entendu les partenaires historiques du parti communiste comme le PC Viet Nietnamien ou le nouveau parti allemand « Die Linke », mais également des délégations officielles des Etats Vénézuéliens ou Boliviens. La gauche française était également bien représentée avec des stands politiques, des syndicaux, des Associatifs, des mutualistes, …

                              

J’ai trouvé l’ambiance très contrastée, dans cette foule impressionnante. Le désir de mener des luttes de résistance face à la politique de Sarkozy était bien palpable. Mais les nombreux débats organisés à travers les stands ont montré que le parti communiste semble se refermer un peu plus sur lui même, traumatisé par la défaite subie. En effet, l’ensemble des intervenants que j’ai pu entendre, ont développé une analyse des raisons de la défaite qui reposaient uniquement sur le phénomène de vote utile, excluant toute responsabilité de la direction du parti communiste. Un peu comme au Parti Socialiste, la faute est uniquement celle de l’autre, excluant ainsi toute possibilité de débat sérieux et serein. C’est donc un dialogue de sourds qui s’est installé entre les déçus de l’échec d’une candidature unique de la gauche antilibérale, et l’appareil communiste qui, lui, fait porter au PS tous ces échecs.

                              

 Dans cette ambiance où chacun se replie sur lui même, Jean Luc Mélenchon et l’association « pour la République Sociale » organisait un débat intitulé « Une nouvelle force politique », avec des représentants divers : Clémentine Autain, Emmanuel Maurel ( responsable des poperénistes et proche d’Alain Vidalis et de Marie-Noëlle Lienemann), Christian Piquet (responsable de la minorité « unir » de la LCR), de Claude Debons (Collectif antilibéraux), Marc Dolez (PS)et des représentants des verts et du MARS …

Ce débat qui avait pour but de mesurer les capacités des uns et des autres à dépasser leurs propres structures pour inventer autre chose, a montré de réelles convergences sur le fond, mais une absence totale de calendrier et de plan de travail. Tout reste pour le moment dans le domaine de l’incantatoire et des vœux pieux. D’autant que, et tout le monde semblait bien l’avoir noté, la direction actuelle du Parti Communiste ne semble pas du tout disposée à se saborder pour se lancer dans cette aventure. Dans un article du Monde de Vendredi dernier, Marie Georges Buffet a confirmé sa stratégie : Un congrès du PC d’ici la fin de l’année pour reconstruire l’appareil et des actions communes. La direction du Parti Communiste a donc décidé de reproduire le fonctionnement et la stratégie du quinquennat qui vient de se finir. On ne change pas un fonctionnement qui vous conduit de 3% (score de Robert Hue en 2002) à 1,9% (score de Marie Georges Buffet en 2007). C’est réellement triste, mais à moins d’un sursaut, le Parti Communiste va se refermer un peu plus sur lui, niant la gravité de la crise qu’il subit depuis 1995.

 A l’Est rien de nouveau donc. Mais cette journée a été très agréable et car elle m’a aussi permis de retrouver mes amis et camarades de PRS, Magali, Mounia, Flavien, Hella, Hélène, et d’anciens camarades dont le parcours a pris d’autres chemins tels que celui d'Anne et Fred Bonnot. Que ce soit au sein du PS où en dehors, j’ai la ferme conviction aujourd’hui, que de nombreuses frontières sont à dépasser. Pris par des luttes fratricides plus que par une volonté de faire avancer un projet idéologique, nous voilà réduits aujourd’hui à essayer de trouver le meilleur candidat du refus, refus de sarko, refus de Ségolène, et ainsi de suite ….à ce jeu là, (compréhensible uniquement par des initiés) les combats politiques ont perdu de leurs sens.

Delanoe_2

Pour compléter mon week end et profiter de l’occasion d’être à Paris, je me suis rendu dimanche à la réunion du courant « Pour une nouvelle perspective à Gauche », des amis de Lionel Jospin. Je vais essayer de faire ici un succinct compte-rendu de ce que j’ai entendu et de ce que j’ai vu. Pour commencer, nous étions nombreux. La presse parle de 500 personnes, Nous étions plus nombreux. La salle était toutefois très parisienne. L’ensemble des proches de Lionel Jospin étaient là : Marylise Lebranchu. Jean Glavany, Harlem Désir, Daniel Vaillant, Mais également des représentants de tous les courants. Pierre Moscovici pour les Strauss Khaniens, Guillaume Bachelay pour les Fabusiens, Razzye Hamadi et Bruno Julliard pour NPS et Henri Emmanuelli, et Pascale Le Neouanic pur PRS. Tous les courants donc sauf Désir d’avenir. Je suppose que les premières pages du livre de Lionel Jospin qui doit sortir ces prochains jours en a dissuadé beaucoup.

                 Anne Hidalgo ....

 Sur le fond, le débat de l'après midi fut très intéressant. Il était animé par le responsable du Cevipfo, et par Marylise Lebranchu. Il a permis de confronter les analyses des uns et des autres sur les raisons de l’échec du 6 Mai. Je partage nombre des éléments avancés par les jospinistes : il n’y a pas de droitisation de la société française, les socialistes se sont fait berner par les sondages, concluant un peu vite que la présidentielle était gagnée d’avance ; la conception de la campagne présidentielle  n’a pas permis de mettre suffisamment en avant les thèmes sociaux, l’absence de référence au bilan de la gauche plurielle qui aurait permis de confronter les bilans de la droite et ceux de la gauche, la distanciation avec le parti et l’absence de projet idéologique fort pour offrir une alternative à la droite.

Journe_nouvelle_perspective_gauche

Ce courant a donc décidé de se mettre en mouvement pour les prochains congrès. Il le fait avec des personnalités de talent, des socialistes historiques, qui n’ont plus rien à démontrer. J’ai pu sentir également la volonté de renouveler les cadres du parti, non en essayant de remplacer des « vieux par des jeunes », mais avec le souci d'apporter plus de diversité, dans tous les sens du terme( sociologique, professionnel, générationnel, …). Dans sa conclusion, Bertrand Delanoë a insisté sur la volonté de construire un courant dont les membres seraient issus de tous les parcours du parti Socialiste. C’est un signe d’ouverture sérieux et sain, dans un parti qui s’enferme de plus en plus dans le sectarisme.

Toutefois, je dois noter une divergence de fond avec l’analyse politique du maire de Paris. Si je partage la nécessité de porter le projet de sécurisation des parcours professionnels de Martine Aubry afin d’assurer une meilleure protection sociale à tous ceux qui sont touchés par le chômage où qui souhaitent se reconvertir, je ne partage pas l’idée qu’il faille pour cela transposer le modèle scandinave en France. Notre pays a une autre tradition syndicale et politique, et surtout, ce modèle tant cité par les socialistes français, est considéré comme un échec par les électeurs scandinaves. Aussi, à quoi cela sert-il de transposer un modèle étranger, pas forcément conforme à notre tradition, et qui, en plus, est en échec ? Inventons nous-mêmes, avec le dialogue social et en associant les organisations syndicales. Et dans un second temps, nous analyserons les concessions demandées par le patronat pour assurer une meilleur formation continue, pour améliorer l’indemnisation des chômeurs (seul 1 chômeur sur deux est aujourd’hui indemnisé). Mais nous ne pouvons pas dire dès maintenant que nous accepterons plus de flexibilité pour les entreprises, alors que le problème principal des entreprises n’est ni la compétitivité des salariés de France (la meilleure au monde aux taux horaires), ni les « soi- disantes pesanteurs du code du travail », mais le bon de commande et le pouvoir d’achat des français, largement insuffisant.

Un week end très politique donc. En deux jours j’ai côtoyé deux traditions de la gauche française, deux piliers, tout autant constructifs l’un que l’autre, tout autant nécessaires. « Deux mondes », pas si différents que cela.

 

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