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Tu travailleras plus pour que je gagne plus ...

La grève n’est pas encore suspendue, que la droite fait déjà le tour des médias pour crier que le gouvernement a « gagné ». Derrière ce discours triomphant, chacun d’entre nous comprend le message envoyé par l’UMP à son électorat : on les fait céder. On n’a pas reculé comme Villepin et tous les autres devant la puissance du mouvement social, de ces assistés et privilégiés, qui veulent défaire ce que les urnes « auraient » fait.

Certes, le front syndical a été divisé, par le traditionnel numéro de la CFDT , qui commence une grève pour la finir avant tout le monde. Certes, les cheminots n’ont pas obtenu le retrait de la réforme, mais seulement la négociation de son application. Certes, l’opinion a fait bloc derrière le discours démago de Bertrand.

Mais …Pour commencer, ce n’est pas la première fois qu’une lutte de cette ampleur ne se termine pas sur une victoire. Ensuite, des concessions vont être faites par le gouvernement, qui à force de dispositifs compliqués, permettra quand même le départ des cheminots à la retraite, avant les autres. Et ce n’est que justice.

D’autre part, il ne s’agit pas d’une victoire à la Thatcher ou à la Reagan. Loin de là. Si le mouvement a été impopulaire, ce n’est pas parce que les revendications étaient considèrées comme injustes, mais, selon moi, parce que les français ont voulu l’application d’une fausse égalité. C’est moins la volonté d’en finir avec des soi- disants privilèges que d’avoir le sentiment que tout le monde doit être égal dans la « galère ». Une forme d’harmonisation vers le bas. Et ce sentiment est plus dangereux pour le gouvernement qu’il ne croit. Car une fois que les français auront eu le sentiment d’être égaux face aux difficultés de la vie, il faudra trouver un bouc émissaire différent de celui des fonctionnaires et  des soi-disants privilégiés. Notre rôle alors sera de rappeler les promesses du candidat sarkosy. Sans démagogie, il faudra revenir sur le slogan du » travailler plus pour gagner plus ». Remarque: sans doute avions nous mal compris. Il ne fallait pas voir ce slogan comme une suite logique. Ce n’était pas vous travaillez plus pour gagner plus. C’était vous « travaillez plus pour que JE gagne plus » Nicolas Sarkozy. D’ailleurs les manifestants l’ont bien compris, car le slogan le plus populaire de la rentrée est bien « 170% ». Le mouvement social n’est donc pas à terre, et déjà, des signes d’une contestation plus forte se montrent. Les syndicats de la fonction publique et notamment de l’éducation nationale annoncent une nouvelle journée d’action. Sur la question du pouvoir d’achat. Revendication plus populaire, et surtout, fédératrice.

Les étudiants sont dans la rue depuis trois semaines, et les lycées commencent à suivre. Les avocats ont rendez vous avec Rachida Dati le 29 Novembre.

Résumons: la jeunesse, les chauffeurs de taxi, les buralistes, les fonctionnaires, les magistrats, après les marins pécheurs, ….. Et puis il y a les rumeurs : les gendarmes n’ont pas le moral, les conducteurs de poids lourds ont le sentiment d’avoir été lésés, ça va mal chez les travailleurs sociaux, ….

Enfin, le problème qui nous est posé est simple : offrir un débouché politique à cette contestation forte. Car les français commencent à comprendre qu’ils  ont été bernés. Ils vont donc chercher ailleurs. Et là, reconnaissons que nous avons à la fois une lourde responsabilité et un problème majeur. Ce n’est pas tant que le Ps soit apparu inaudible durant ces dernières semaines qui pose problème. D’autant qu’il vaut mieux que certains dirigeants du Ps se taisent plutôt que de les entendre dire des âneries, pour ne pas dire autre chose ….

Non le problème est double. D’abord nous n’avons pas  été capables d’offrir des propositions de financement des retraites crédibles. Et ensuite, la gauche n’arrive tourjous pas à s’unir sur des propositions fédératrices, capables de dépasser ces divisions. Et la question Européenne, est un piège tendu par Nicolas Sarkozy. Et pourtant, c’est facile de ne pas se tromper. Il suffit, juste de respecter nos engagements de campagne. Exiger un référendum.

Tout simplement. 

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