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Si nombreux sont les socialistes qui redoutent ce moment, pour cause de déchirement, personnellement, j’attends impatiemment cet événement. En effet, ce congrès doit être une phase de réflexion et d’échanges sur le fond.
Analysons la France qui subit Nicolas Sarkozy. Echangeons sur les solutions alternatives pour sortir de la crise financière, pour relancer le pouvoir d’achat, réduire la pauvreté tout en protégeant mieux ceux qui travaillent. La France qui souffre et celle qui n’a que sa force de travail doit être au cœur de notre débat, loin des médias people qui attendent la petite phrase ou le dérapage verbal.
Ce congrès n’est pas un congrès comme un autre. Il ne sert pas à « rétablir » les « rapports de force » qui ont sans doute évolué depuis les derniers congrès. De ce point de vue, les clivages ne sont plus les mêmes, les lignes ont bougé. Cela s’incarne par les changements de positions de différentes personnalités.
Je m’investirai dans ce congrès, d’une manière différente.
Depuis mon engagement au Parti Socialiste, en 1995, après l’accession de Jean Marie le Chevalier à la Mairie de Toulon, j’ai toujours inscrit mon engagement dans ce que d’aucuns nomment la « gauche du Parti ». L’idée était qu’il fallait « tirer » le plus à gauche le parti central de la gauche. Pour mener la politique la plus à gauche. Dans les différents courants, j’ai beaucoup appris. Je me suis formé, sur le plan idéologique comme stratégique.
Mais aujourd’hui la donne a changé. Tout d’abord, ceux qui se revendiquent de cette philosophie de pensée sont pris à la fois par leur contradiction comme par leurs déchirements. Jusqu'à atteindre « la balkanisation actuelle ». Je suis fatigué de ces fonctionnements, des anathèmes et des comportements destructeurs.
Je veux être utile à mon parti, à ma façon, pour être utile à la Gauche. Pour cela je crois nécessaire le processus qui va permettre de débattre du fond et de revoir le fonctionnement du Parti. Tout en respectant ce qui a fait notre Histoire, l’histoire de la Gauche. Partout la sociale démocratie est en crise. Toutefois elle est la seule à incarner l’espoir de ceux qui souffrent et qui n’ont rien. En France en tout cas. Il nous faut donc la préserver.
J’ai donc décidé de signer le texte de Bertrand Delanoë. Ce texte, aujourd’hui public a pour moi plusieurs atouts. Il fait une analyse claire de la France d’aujourd’hui, et surtout trace des perspectives. Je partage la nécessité de défendre le Smic et sa revalorisation. Je suis attaché à la réduction du temps de travail, à sa généralisation.
Travailler moins pour travailler tous, et surtout pour vivre mieux (en consacrant plus de temps à sa famille, à ses loisirs, à flâner, à se cultiver) est une vision sur le long terme qui me séduit. Ce texte pose quatre principes pour orienter et structurer la pensée socialiste pour les trois années à venir. Il propose d’inventer un système nouveau de protection sociale, moderne et efficace. Je ne développerai pas plus, laissant le temps du congrès pour débattre.
Pour conclure, j’ai la conviction que notre Parti a besoin, pour le cycle politique qui commence d’une direction collective, rassemblée sur une orientation majoritaire, d’un premier secrétaire qui ait une réelle autorité sur le parti et qui ne soit pas le fruit des compositions de différents groupes, et d’une orientation claire sur notre stratégie d’alliance et sur notre fonctionnement.
Je suis donc l’un des signataires varois de cet appel et je m’attacherai à défendre une orientation pour le prochain congrès. Nous développerons dans les semaines à venir notre démarche. Avant de conclure, je veux préciser ce que sera mon comportement pour ce congrès : un débat de fond. En aucun cas, il n’y aura de notre part d’attaque personnelle, que se soit des personnalités nationales ou fédérales. Nous ne serons pas le syndicat des mécontents. Nous serons acteurs du débat de fond, avec d’autres certainement.