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Les conseillers municipaux, qui avaient tous reçu le supplément « Var-matin » en faveur de la Croix-Rouge, ont observé une minute de silence en début de conseil. : Photo Philippe Arnassan Entre somnolence et éclats de voix, les conseillers municipaux ont siégé, hier, pendant plus de six heures pour venir à bout de la centaine de questions prévue pour ce dernier conseil municipal avant les vacances. Un record, d'autant plus que bien peu d'entre elles avaient de quoi soulever l'enthousiasme.
Fréjus se distingue toujours par la longueur de ses conseils. Mais dans ce cas, débuté à 9 h 30, il ne s'est s'achevé qu'en fin d'après-midi, entrecoupé de la pause symbolique pour déjeuner. La faute, notamment, à l'examen et à l'arrêté du compte administratif 2009 qu'il fallait boucler avant le 1er juillet. Urgence, donc.
Ce conseil a débuté dans le silence, avec une minute consacrée à la mémoire des victimes des inondations, pour se poursuivre beaucoup plus bruyamment en raison des échanges souvent musclés entre le maire et les élus de gauche. Ce n'est pas tant les sujets sur l'administration générale, l'aménagement du territoire, les délégations de service public ou encore les questions portant sur la culture, le patrimoine ou l'éducation qui ont fait débat, mais la manière de les faire rebondir.
La spécialité d'une gauche taquine, qui n'hésite jamais à saisir la moindre question pour relancer les grands débats, notamment sociaux, qui font son miel à chaque conseil.
L'heure des piques
Si Elsa Di Meo a été retenue le matin pour une séance plénière du conseil régional à Marseille, afin d'y glaner des subventions pour les sinistrés, ses camarades Frédéric Roger et Sébastien Poinat n'ont pas chômé pour énerver le premier magistrat. Elle les a rejoint l'après-midi, alors qu'Elie Brun, laissant la main à Francis Tosi, a quitté la salle vers 16 h pour voir sa fille, « mon bonheur de la journée. Quand je vous vois et que je sais que vous allez vivre toute votre vie dans l'opposition, je vous plains ! » Ambiance.
En fin de matinée, il avait déjà traité Sébastien Poinat « d'abruti » et lui avait déclaré qu'il était un triste personnage. « Je dis toujours du mal de vous. Je n'ai jamais vu un conseiller municipal aussi inintéressant ». Il est vrai que le socialiste, par ailleurs prof de philo, lui avait demandé de renoncer à ses 750 e de frais de représentation « comme M. Sarkozy a renoncé à la garden-party de l'Elysée ». Les piques ont ainsi émaillé la journée.
La vidéosurveillance en question
On y a aussi travaillé. Retenons notamment la demande de subvention pour renforcer le dispositif de vidéosurveillance de la commune. « Ceci afin d'offrir aux administrés et aux touristes le meilleur niveau de sécurité possible. La baisse des incivilités et des actes de délinquance constatée depuis la mise en place des premiers dispositifs conforte la ville dans son engagement à développer la vidéo protection et à l'étendre aux endroits les plus stratégiques ». Soit l'équipement de quartiers comme La Gabelle et Villeneuve pour un coût de 1,124 24 Me. L'opposition a foncé naturellement dans la brèche, votant contre, par manque de données chiffrées sur les résultats. « C'est de l'idéologie. Quelle efficacité et quel bilan ? A tout prendre, nous préférons la politique de M. Ginesta, qui met des agents sur le terrain plutôt que d'acheter des caméras. Fréjus ne doit pas devenir un centre pénitentiaire ». Le premier adjoint, en l'absence du maire, leur a signifié que c'était un choix de la municipalité dicté par des résultats concrets.E. D.