Quelle journée ! Hier, 10 mai, difficile de ne pas trouver quelqu'un qui n'a pas une pensée pour "Tonton".
Des militants socialistes, qui enfin se reconcilient avec leur passé pour préparer la mère des batailles, des communistes qui sont partagés entre le début d'un cycle ou, c'est vr,ai le parti communiste commence à perdre son influence et les acquis de 81, et puis des gens. Chacun raconte son 10 mai. Un peu comme si cet évènement est un évènement à la fois collectif et personnel, n'appartenant plus du tout à l'unique ps.
Je reconnais être personnellement partagé. Pas de langue de bois ici. J'ai une admiration pour l'oeuvre de l'Homme. Ce long chemin vers le pouvoir, sa capacité à rassembler, sa vision. La pertinence de son analyse, notemment lors du coup d'état du général De Gaulle, ou quand le mur de Berlin s'effondre. Alors que tout le monde s'emeut, il garde son sang froid, se rappelle des constances de l'Histoire.
Sa détermination, quand sa conviction était faite: libération des ondes, abolition de la peine de mort, lois Auroux, son attachement à la construction européenne.
Mais il y a aussi toutes les erreurs. La guerre du Golfe, le tournant de 83, le Rwanda. A chaque fois, la droite est disqualifiée pour nous donner des lecons. Elle n'a rien incarné d'autres en la matière.
Et puis il y a les ondes d'ombres du personnage. Son amitié avec Bousquet et l'envoi de la troupe en Algérie, passant à côté d'un rendez vous historique. Cela, on ne peut l'effacer.
Il restera un des plus grands présidents de la République.
Si inventaire il faut faire, il est largement positif. Qu'il nous serve, pour 2012. Chaque jour qui passe, celui qui occupe encore pour quelques mois l'Elysée, nous rappelle comment il est urgent, qu'une nouvelle fois dans l'Histoire de France, la majorité sociale devienne majorité politique.