Préparez vous. L'heure n'est pas, comme on a pu le croire, à une poussée de fièvre.
D'abord, parce que ce n'est pas la première fois que l'extrême droite dans notre pays réalise un miracle électoral. Il y a 16 ans, déja. A l'occasion de l'élection présidentielle de 1995, alors que la droite avait une réelle dynamique, le pen passait la barre des 15%. Pourtant elle était divisée, empêtrée dans une guerre fratricide. L'offre politique à droite était alors large.
Et pourtant, 15% des électeurs s'étaient portés sur le bulletin de vote Le Pen.
Et pour montrer que ce n'était pas juste un coup de colère, un geste de désespoir, le front national gagnait 4 villes, et pas des moindres. Des villes prises à la droite comme à la gauche.
Je me rappelle alors, des déclarations des femmes et hommes politiques de tous les partis. "Nous allons reprendre notre place dans les cages d'escaliers". La promesse avait pour but de rassurer, de reconstruire un lien entre les élus et les électeurs. Rassurer. Tel était le mot d'ordre.
Tiens, 16 ans plus tard, tout cela sonne avec résonnance dans nos mémoires. Après un siphonage des électeurs frontistes par Nicolas Sarkosy, les voilà revenus au bercail.
Alors, comment réagir maintenant ? Comment faire ?
D'abord dire la vérité. Nous ne réglerons pas le probleme posé par des centaines de milliers d'électeurs, à coup de comm, de réactions emportées, de stratégie quelconque.
Dire la vérité, c'est dire clairement, que la droite d'aujourd'hui est tentée par une alliance avec ce parti anti démocratique. Pour des raisons électorales évidentes. Et tous ceux qui en doutent, peuvent aller étudier les résultats électoraux de Fréjus ou de Brignoles. Dans la belle cité romaine, le pouvoir ump en place, déconsidéré, corrompu, affairiste, a creusé sa propre mort, en radicalisant son discours. Quand le premier magistrat de la ville, ancien parlementaire, tient des propos racistes, comment faire semblant de s'étonner de voir des électeurs préférer l'original ç la copie ? Ils ont donc fait le choix, pour une partie d'entre eux de lâcher celui qui est en fin de règne et qui se croit dans une dictature arabe, au point d'envisager une transition du pouvoir famillial (attention, ce n'est plus à la mode), pour un vrai raciste, plus jeune.
A Brignoles, le choix d'une partie des électeurs de droite, ont été encouragés, dans l'entre deux tours, par le reponsable de l'ump local, à voter pour le FN. Le rapport de force gauche droite dans cette ville est clair depuis longtemps. Et comme la plupart des villes varoises, il nous est défavorable. Donc, quand Jean Michel Rousseau choisit le front nationalt, contre les républicains, cela se paye.
Quel enseignement en tirer ? Aller sur les terrains politiques et sémantiques de l'extrême droite ne profite jamais aux républicains. Continuez votre blabla, déclarait Marine Le Pen lorsque Jean francois Cope lors de l'annonce du débat UMP sur l'Islam. Décidément le soi-disant débat sur l'identité nationale, n'a pas servi de lecon.
Restons fermes sur les principes républicains, pour continuer à mobiliser les républicains. A entetenir des ambiguités, la démocratie en paiera le prix. On ne sort de l'ambiguité qu'a ses dépends, rappelait Francois Mitterrand. Autant ne pas y entrer. C'est bien cela que Nicolas Sarkosy va payer lors de la prochaine présidentielle.
Dire la vérité c'est aussi dire qu'il faut agir vite pour ceux qui souffrent atrocement du système économique. Et dire aux autres que les solutions durables pour réduire les inégalités, ne porteront que sur le moyen, voire le long terme. Tous ceux qui racontent que l'on peut faire tout, tout de suite, pour tous, racontent des sornettes. Sont des menteurs.
La droite a mis notre république dans un tel état, qu'il va falloir du temps. Mais je crois nos concitoyens prêts à entendre que la vie ne sera pas rose, dès demain. A condition que les sacrifices aient du sens, et qu'ils soient équitablement répartis.
Pour ma part, et plusieurs semaines après je ne renie rien de notre démarche. Nous avons refusé d'entretenir une quelconque ambiguité. Le courant républicain a éré exclu du second tour. A force d'accentuer le rejet de l'autre, de se gaver sur les fréjussiens, la fin arrive. Nous voulons construire un autre avenir pour notre ville, que nous aimons. La premère condition, est de ramener de l'éthique et de la morale. Pour cela nous continuerons à rassembler la gauche fréjussienne qui a terriblement payé le prix de la division. Mais pas que la gauche. Nous voulons rassembler. Les républicains et tous ceux qui sont attachés à Fréjus. Nous ne croyons pas au tentative de putsch. Le changement, il faut le construire avec les fréjussiens, et pas par surprise.
Dans la transparence.